Les deux mobilisations du 29 janvier et du 19 mars ont apporté « des débuts de réponse ». Pour peser sur le gouvernement et le patronat, les huit organisations syndicales ont opté pour un 1er mai particulier.

« Les mobilisations intersyndicales commencent à porter leurs fruits. » Pour la CFDT, le succès des journées d’action du 29 janvier et du 19 mars a permis d’obtenir « des débuts de réponses » gouvernementales. C’est le cas du fonds d’investissement social (Fiso) qu’il « faut rapidement mettre en œuvre ». Le décret sur les rémunérations des dirigeants d’entreprise ayant reçu des aides publiques directes, « bien qu’insuffisant », entre dans la même catégorie. « C’est un début de remise en cause du système actuel », acte le communiqué des huit organisations – CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa – réunies en intersyndicale.
Des avancées mais pas de quitus

Admettre que les mobilisations ont commencé à produire des effets ne revient pas à donner quitus au gouvernement et au patronat, loin s’en faut. Surtout, souligne le secrétaire national de la CFDT, Marcel Grignard, que la crise s’approfondit : le chômage augmente, la consommation marque le pas, la situation se tend dans les entreprises car la visibilité se restreint et les salariés en subissent les conséquences de manière croissante. « Gouvernement et patronat doivent rapidement mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et concertations pour répondre à l’ensemble des revendications » mises en commun par les huit organisations syndicales dans la déclaration du 5 janvier 2009.

« Dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat », déclare le communiqué intersyndical. C’est une première, FO, la CFTC et la CFE-CGC étant habituées à faire cortège à part. Le symbole n’est pas anodin. Pour Marcel Grignard, il s’agit de faire de cette fête du Travail « un temps fort syndical d’expression des salariés », mais aussi de marquer « la solidarité avec l’ensemble des salariés, en Europe et dans le monde, également percutés par la crise ».

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle

D’ici là, les huit organisations appellent à organiser, courant avril, les initiatives locales nécessaires pour soutenir les salariés en conflit dans leur entreprise et à organiser la solidarité. Ensuite, c’est la réponse du gouvernement et du patronat qui conditionnera la suite des événements. L’intersyndicale a d’ores et déjà convenu de se retrouver le 27 avril pour en débattre. Et les attentes sont fortes.

« L’intersyndicale tient à rester unie, à représenter une perspective pour l’ensemble des salariés et à concrétiser des propositions pour apporter un accompagnement conjoncturel à la crise et des réponses structurelles », commente Marcel Grignard. Pour le secrétaire national, cet esprit de compromis qui anime l’intersyndicale pour répondre aux intérêts des salariés devrait inspirer le gouvernement et le patronat : « La crise n’est pas qu’un mauvais moment à passer mais doit conduire gouvernement et patronat à changer d’attitude ». Message transmis.
Aurélie Seigne
© CFDT (mis en ligne le 31 mars 2009)

Retrouvez le communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solid
aires, UNSA, du 30 mars. L’augmentation du nombre de chômeurs, la baisse significative de la consommation, l’incertitude grandissante sur l’activité des entreprises témoignent de la gravité de la crise qui frappe un nombre croissant de salariés sans que nul ne puisse aujourd’hui en prédire la durée.
Les mobilisations viennent d’obliger le gouvernement à agir sur les stock-options et les rémunérations exceptionnelles des dirigeants d’entreprise lorsque ces dernières ont reçu des aides publiques dire
ctes. Sur la question de la redistribution des richesses produites, le décret annoncé bien qu’insuffisant est un début de remise en cause du système actuel. E
lle laisse cependant de côté l’essentiel des revendications du 5 janvier 2009 portées par les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars 2009.Gouvernement et patronat doivent rapidement mettre en œuvre les mesures déjà prises et engager les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications.
C’est pourquoi, dans la suite des journées du 29 janvier et du 19 mars et dans ce contexte exceptionnel, les organisations syndicales s’entendent pour faire du 1er Mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat.
Elles appellent leurs organisations locales à rechercher les modalités appropriées pour réussir cette journée de revendication syndicale en tenant compte des situations locales. Pour préparer le 1er Mai, elles conviennent de faire du mois d’avril un mois de mobilisations ponctué d’initiatives visant à soutenir les actions engagées et à organiser les solidarités.
En fonction des réponses du gouvernement et du patronat, les organisations syndicales débattront lors de leur prochaine rencontre des nouvelles initiatives (grève interprofessionnelle, manifestations, mobilisations un samedi…)
Une prochaine réunion est d’ores et déjà fixée au 27 avril.
© CFDT (mis en ligne le 30 mars 2009)

Le Bureau national de la CFDT réuni ce 25 mars a décidé à l’unanimité de signer l’accord interprofessionnel sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc issu de la négociation qui s’est achevée le 23 mars.
Après cinq séances de discussions, parfois tendues, le texte prévoit la reconduction des dispositions de l’accord de 2003. Il exclut donc toute mesure de décalage de l’âge de la retraite telle que l’envisageait unilatéralement la délégation patronale.
L’objectif principal de la CFDT était de permettre aux salariés pouvant prétendre à une retraite pleine et entière entre 60 et 65 ans, ainsi qu’aux bénéficiaires des mesures de carrières longues et aux salariés en situation de handicap, de partir dans des conditions inchangées, grâce à la prolongation de l’AGFF du 1er avril 2009 au 31 décembre 2010.
Cet objectif est atteint. La CFDT est néanmoins consciente des effets de la crise sur les comptes des régimes de retraites complémentaires ainsi que des déséquilibres structurels liés aux bouleversements démographiques.
Plusieurs échéances, dont la remise d’un rapport du Conseil d’orientation des retraites commandé par le Parlement, devraient permettre en 2010 de faire le point sur la situation des différents régimes généraux et complémentaires et d’envisager les types de mesures paramétriques ou systémiques permettant d’assurer la pérennité des systèmes de retraite par répartition.
© CFDT (mis en ligne le 26 mars 2009)

Interrogé par Challenges.fr, François Chérèque (CFDT) demande que le G20 traite la crise sociale





Interco CFDT de Seine Saint-Denis Manifestation Intersyndicale à Paris le 19 mars 2008 sur les salaires, l'emploi et la croissance sociale. Cortège de la CFDT.


Retrouvez le communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, du 20 mars.

La mobilisation du 19 mars 2009 a connu une ampleur incontestable, tant par le nombre de grévistes, du privé comme du public, que par le nombre de manifestants qui se sont retrouvés pour redire haut et fort qu’ils n’ont pas à payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Le gouvernement et le patronat doivent entendre ce que disent les salariés et répondre aux propositions de l’intersyndicale. Les revendications en matière d’emploi dans le privé comme dans le public, de pouvoir d’achat et de relance économique, de garanties collectives, de services publics et de réglementation de la sphère financière qui s’étaient déjà exprimées le 29 janvier sont encore plus d’actualité aujourd’hui face à l’aggravation de la crise et de ses conséquences.

Le gouvernement s’entête à justifier des mesures comme le bouclier fiscal ou la défiscalisation des heures supplémentaires, alors même qu’elles aggravent les injustices et sont contre-productives face au développement du chômage. Il persiste dans sa politique de suppression d’emplois publics.

Des entreprises continuent à privilégier la rentabilité financière et à utiliser la crise pour accélérer des restructurations. Les suppressions d’emplois qui s’enchaînent renforcent l’inquiétude des salariés pour leur avenir et rendent légitime leur colère.

Face aux intransigeances gouvernementale et patronale, les organisations syndicales décident, sur la base de leur déclaration intersyndicale du 5 janvier, de rechercher les modalités les plus adaptées pour donner encore plus d’efficacité aux prochaines mobilisations.

Dans ce contexte, elles mettent notamment en débat l’étape importante que constitue le 1er mai.

Elles se retrouveront le 30 mars pour décider, en particulier, des prolongements au 29 janvier et au 19 mars.

D’ores et déjà, elles interpellent patronat et gouvernement pour que s’engagent sans délai les négociations et concertations indispensables.

A l’occasion du G20, elles rappellent leurs exigences de nouvelles régulations financières et sociales internationales contenues dans leur plate-forme du 5 janvier 2009 et exigent du Président de la République qu’il agisse en ce sens.

Les organisations syndicales réaffirment leur détermination à soutenir de toutes les manières possibles les salariés avec leurs syndicats engagés dans des actions. Elles appellent leurs organisations à amplifier les mobilisations et les initiatives.

© CFDT (mis en ligne le 20 mars 2009)

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Les indicateurs mars 2009

SMIC
Depuis le 1er juillet 2008
8,71€ brut de l'heure (6,84€ net)
1321,05€ brut (1037,65€ net) par mois pour 35 h hebdo ( soit 151,67 h par mois); ou 1509,73€ pour 39 h hebdo (169 h par mois)

Minimum garanti
Servant de référence pour diverses allocations ou indemnités sociales, il est établi à 3,31€ de l'heure depuis le 1er juillet 2008.

Plafond sécurité sociale
2 859€ par mois ou 34 308€ par an (chiffres pour 2009)

Evolution des loyers
L'indice de référence des loyers (IRL) de l'INSEE, qui a remplacé l'indice du coût de la construction (ICC) au 1er janvier 2006 s'établit à 117,54 au 4eme trimestre 2008 (base 100 au 2eme trimestre 2004), soit une hausse annuelle de 2,83%

Salaire horaire de base ouvrier
+1,1% au 2ème trimestre 2008 et +0,7 % au 3eme trimestre 2008, soit +3,2% sur un an

Prix
Baisse de 0,5% en novembre et de -0,02% en décembre,, soit +1% en rythme annuel
Prix hors tabac: 0,4% en novembre et de -0,02% en décembre, soit +1,1% en rythme annuel

Assurance - maladie
Les dépenses du régime général ont progressé de 3,8% sur un an à la fin de juillet

Fonction publique
Valeur du point : 4,5706% brut depuis le 1er octobre 2008

Revenu minimum d'insertion
Allocataire seul: 454,63€ par mois
Deux personnes: 681,95€
Trois personnes: 818,34€
Par personne supplémentaire: +181,85€

Chômage - assurance
Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE): 10,93€ par jour +40,40% du salaire journalier de référence (SJR) ou 57,40% du SJR
Minimun: 26,66 €/jour
Maxi: 75% du SRJ

Chômage - solidarité
Allocation d'insertion (AI) et allocation temporaire d'attente (ATA): 10,38€ par jour
Allocation de solidarité spécifique: règle générale, 14,74€ par jour
Allocation équivalent retraire: 31,82 € par jour

Allocations familiales
Deux enfants: 123,92€
Trois enfants: 282,70€
Quatre enfants: 441,481€
enfant suppl.: +158,78€

Vieillesse
Avantages vieillesse: 584,48€ par mois pour le minimun contributif, 638,68€ pour le minimun contributif majoré
1386,50€ par mois (chiffre théorique) pour le macimun de la retraite personnelle.
Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa): 633,13€ par mois pour une personne seule et 1135,78€ pour un couple

Handicapés
Allocation aux adultes handicapés (AAH): 652,59€ par mois
Complément de ressources: 179,31€ par mois (le montant de la garantie de ressources étant ainsi de 831,90€)

Retraites complémentaires
Point ARRCO (non-cadres): 1,1648€
Poinnt AGIRC (cadres): 0,4132€
Point IRCANTEC: 0,43751€

Indemnités journalières
Cas général: 50% du salaire de base (à partir du 4ème jour d'arrêt)
Macimun: 47,65€
Mnimun: 8,55€


Extrait du magazine CFDT