Retrouvez l'édito de Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT, paru dans le numéro 3190 de Syndicalisme Hebdo 'Extrait CFDT).

"...les salariés attendent, en termes d’emploi, autre chose que des petits aménagements. Le président de la République a présenté une série de mesures pour l’emploi comme troisième étape d’un plan anti-crise qui viendrait après le sauvetage des banques et les mesures de soutien à l’investissement. Contrairement aux deux autres, ce troisième volet est le seul à ne faire l’objet d’aucun chiffrage en euros. Alors que les effets de la crise sur l’emploi commencent seulement à se faire sentir, ces mesures ne pourront pas être à la hauteur des enjeux. Par ailleurs, plusieurs d’entre elles sont déjà en cours, comme le réforme du service public de l’emploi ou la mise en place du RSA.

Que le gouvernement retrouve les vertus des contrats aidés en les réhabilitant est une bonne nouvelle pour la CFDT. Dans le même temps, il reconnaît l’erreur de les avoir stigmatisés et réduits. En revanche, la CFDT s’opposera à la généralisation du travail du dimanche ainsi qu’à l’élargissement de l’utilisation des CDD. On ne peut prétendre vouloir sécuriser les parcours professionnels et en même temps étendre la précarité ! Comment penser que de telles mesures soient de nature à répondre aux difficultés d’emploi engendrées par la situation économique ?

La CFDT revendique de longue date la nécessité de former les salariés non qualifiés, de mieux accompagner les demandeurs d’emploi, de maintenir les seniors dans l’entreprise. Le développement de mesures comme le Contrat de transition professionnelle, expérimenté dans plusieurs bassins d’emploi, ou la Convention de reclassement personnalisé est probablement nécessaire pour amortir le choc de la crise, et la CFDT ne s’y oppose pas. À condition que ces dispositifs bénéficient non pas aux seuls licenciés économiques mais à l’ensemble des salariés victimes du chômage du fait de la crise. Les partenaires sociaux ont déjà pris leurs responsabilités en s’accordant sur la modernisation du marché du travail. Ils ont ouvert des négociations sur tous ces sujets et ont fixé un calendrier pour aboutir au 31 décembre. Nul besoin de réunion avec le président de la République, comme celui-ci le demande, pour rappeler les enjeux et le calendrier.

On pourra aussi s’étonner, dans le discours du président de la République, qu’aucune coordination européenne ne soit évoquée dans ce plan de soutien à l’emploi alors que la France préside l’Union. C’est bien pourtant le niveau pertinent pour que la lutte contre le chômage trouve toute son efficacité.

Il est enfin inadmissible de laisser sous-entendre que la fraude serait l’une des raisons d’un haut niveau de chômage. La CFDT n’acceptera pas que les chômeurs soient ainsi encore une fois stigmatisés. La crise est d’une ampleur“ extra-ordinaire ”. Les réponses doivent être “ extra-ordinaires ”.

Gaby Bonnand, secrétaire national

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